Quand la grossesse tourne au cauchemar – Partie 1

Bonjour,

Je continue cette série d’articles dédiés au deuil périnatal en vous racontant l’histoire de ma grossesse et comment celle-ci a viré au cauchemar en l’espace de quelques semaines lorsque nous avons découvert que notre enfant était atteint de trisomie 21.

Si vous ne l’avez pas encore lu, vous pouvez retrouver l’article dans lequel j’explique ce qu’est le deuil périnatal ici.

Le projet d’enfant

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu avoir des enfants et mon conjoint aussi. Malgré ce désir d’enfant, nous ne souhaitions pas nous précipiter et nous voulions profiter un maximum de notre liberté.

J’ai arrêté la pilule au mois de décembre 2018 non pas pour avoir un enfant mais pour des raisons de santé. Je ne voulais plus avaler des hormones au quotidien et, après en avoir parlé avec mon chéri, nous avons décidé que j’allais arrêter la pilule tout en continuant à nous protéger. En effet, nous ne souhaitions pas avoir un enfant avant d’avoir un appartement avec une deuxième chambre.

La jolie surprise

En 2019, mon conjoint qui est pompier de Paris, est monté en grade, ce qui lui a donné le droit à un logement de fonction dans la caserne dans laquelle il était muté. Nous avons alors déménagé dans cet appartement composé de deux chambres en août 2019.

Après réflexion, nous nous sentions prêts à essayer d’avoir un enfant dans la mesure où on avait le logement espéré et une situation financière stable.

Nous avons donc commencé les essais bébés en se disant que cela arriverait quand cela arriverait, sans se mettre la pression. Je pensais que cela prendrait plusieurs mois avant que je ne tombe enceinte car j’avais lu qu’en moyenne, les couples mettent environ un an à avoir un bébé. A ce moment là, j’étais loin de me douter qu’un petit bout de chou était pressé de nous rejoindre. ^^

Ne voyant pas mes règles arriver à la fin du mois de septembre alors que je suis réglée comme une horloge, j’ai décidé de faire un test de grossesse. Et là, surprise ! Un petit visiteur s’était logé dans mon ventre ! Je ne m’attendais vraiment pas à ce que cela arrive si vite.

J’ai d’abord été prise de panique dans les premières minutes en prenant conscience de ce que l’arrivée d’un enfant allait provoquer comme changement. On a beau se sentir prêt à accueillir un bébé, je trouve qu’il y a une différence entre le vouloir et découvrir qu’un petit être grandi en nous et qu’il va changer notre vie à tout jamais. Mais cet instant de panique n’a pas duré longtemps et j’ai très vite ressenti un bonheur immense à l’idée d’avoir ce petit bébé à l’intérieur de moi.

L’annonce au papa

J’étais tellement heureuse qu’il fallait que j’annonce cette bonne nouvelle au futur papa. Mon conjoint était de garde ce jour là, j’ai donc dû attendre qu’il remonte à l’appartement pour le lui annoncer. J’ai fait le test de grossesse vers 18h et je savais que normalement Monsieur ne devrait pas tarder à remonter après sa séance de sport. Manque de chance, la sonnerie a retenti dans l’appartement, signe qu’il devait partir sur intervention. J’allais devoir faire preuve de patience.

J’en ai donc profité pour aller au centre commercial à côté de chez moi pour acheter une paire de petits chaussons de bébé pour lui annoncer la nouvelle.

Je suis ensuite rentrée chez moi et j’ai patienté jusqu’à son retour. L’attente a été longue car Monsieur n’est pas remonté avant 22h. Lorsqu’il est rentré, j’ai attendu qu’il vienne s’asseoir à côté de moi, je lui ai demandé de fermer les yeux et je lui ai présenté le test de grossesse et les petits chaussons lorsqu’il les a recouvert. Il était évidemment très content même s’il s’en doutait car il avait remarqué que je n’avais pas eu mes règles ce mois-ci. Qui a dit que les hommes ne remarquent rien ? ^^

Le début de ma grossesse

Les premières semaines de ma grossesse se sont bien passées, je n’avais pas vraiment de nausées ni d’autres désagréments. J’avais de très légères nausées au moment de manger mais c’était gérable et elles ne duraient jamais très longtemps.

J’ai cependant vite été arrêtée par mon médecin traitant car j’avais des vertiges presque toute la journée, de grosses migraines et je ressentais une fatigue intense. Je savais que le premier trimestre de grossesse était signe de grande fatigue mais je n’imaginais pas à quel point. J’étais presque incapable de sortir de chez moi, le moindre geste me demandait un effort considérable.

Mais tous ces maux me semblaient être un petit prix à payer pour avoir la chance d’être enceinte. Je n’attendais qu’une chose c’était de faire l’échographie de datation prescrite par ma sage femme pour être sûre qu’il y avait bien un petit être qui grandissait en moi.

En effet, si je n’ai pas eu de très gros désagréments physiquement, j’étais extrêmement stressée dès le début de ma grossesse. Je n’avais qu’une peur, c’était de faire une fausse couche ou que l’on m’annonce que c’était un œuf clair (c’est-à-dire un oeuf vide, sans embryon). Je ne voulais pas que l’on m’enlève ce bonheur et j’étais terrifiée à l’idée de le perdre.

Vient enfin le jour de l’échographie de datation et l’échographiste nous rassure en nous disant que tout va bien, que bébé semble bien se développer. Nous avons même pu entendre son petit cœur battre. Un grand moment d’émotions. ❤️

Elle date la conception aux alentours du 8 septembre et nous donne rendez-vous mi novembre pour réaliser l’échographie du premier trimestre. Nous ressortons de ce cabinet sereins, l’esprit léger et je sens que je vais enfin pouvoir me détendre maintenant que je sais que notre bébé va bien et qu’il est bien au chaud.

La première échographie, le jour où tout à basculé

Cependant, il n’en sera rien. Les semaines jusqu’à la première échographie me semblent interminables, je suis toujours très stressée à l’idée de perdre mon bébé et j’ignore pourquoi. A chaque fois que je vais faire pipi, j’ai peur de remarquer des traces de sang et je suis obsédée par la peur de faire une fausse couche. Avec le recul, je me rends compte que j’avais un mauvais pressentiment dès le début de ma grossesse. Pour une raison que j’ignore, je crois que je savais que je n’arriverais pas à mener à terme cette grossesse, que je ne ramènerais jamais mon bébé à la maison.

Les semaines jusqu’à l’échographie se dérouleront sans encombres ou presque d’un point de vue physique. J’aurais juste une petite frayeur au cours du mois d’octobre suite à des douleurs au ventre. Je me rendrais aux urgences gynécologiques mais les examens ne révéleront rien d’anormal.

C'est notre lapin nain qui s'est chargé d'annoncer la grossesse à ma mère et à nos amis.

Entre temps, nous avions annoncé ma grossesse à nos familles et à nos amis proches. L’une de mes meilleures amies venait d’avoir un bébé au mois de septembre et une autre était enceinte et devait accoucher au mois de janvier. J’étais donc heureuse de pouvoir partager cette grossesse avec elles et nous faisions déjà des plans sur la comète en imaginant nos enfants jouer ensemble dans quelques mois. J’étais loin de m’imaginer à ce moment là qu’elles auraient la chance de voir leurs enfants jouer ensemble alors que je n’aurais jamais ce bonheur.

Vient enfin le vendredi, jour de l’échographie du premier trimestre à laquelle je me rends très stressée car je sais que c’est lors de cette écho que va être mesurer la clarté nucale de notre bébé. Cette mesure, si elle est trop élevée, peut être un signe de trisomie 21.

L’échographie se passe parfaitement bien au début. Le médecin est surprise de voir que notre bébé est plus grand que prévu et avance la date de conception au 6 septembre. On voit que notre petit bout est très bien formé et saute déjà partout. Nous ne savons pas encore à ce moment là si c’est une fille ou un garçon mais on voit qu’il/elle est déjà bien active et ne cesse de bouger ses petits bras et petites jambes. Je n’ai pas pu décrocher mon regard de cet écran et je me dis à ce moment là que j’aime déjà tellement ce bébé. ❤️

Arrive ensuite le moment de la fameuse mesure de la clarté nucale. Et là, la sentence tombe : la mesure est au dessus de la moyenne. Je me suis pris une énorme claque à ce moment là et tout s’est bousculé dans ma tête. Je me vois déjà devoir dire au revoir à mon bébé et je commence à paniquer. L’échographiste nous rassure en nous disant que cela ne signifie rien pour l’instant. Elle nous envoie faire une prise de sang, le tri-test, afin d’évaluer les risques que notre bébé soit atteint de trisomie.

À ce moment là, j’ai l’impression que le ciel m’est tombé sur la tête. J’étais loin d’imaginer à quel point. C’était le début de la descente aux enfers…

La suite dans un prochain article

Vous pouvez retrouver la suite de mon histoire dans l’article suivant, celui-ci étant déjà très long.

Si vous vivez cette situation ou si vous l’avez vécu, sachez que vous n’êtes pas seuls. N’hésitez pas à me contacter ou à laisser un commentaire si vous souhaitez témoigner de votre histoire. 🙏

Je tiens à finir cet article en disant à ma fille, Ambre, que je l’aime plus que tout et que j’espère qu’elle me pardonnera de ne pas avoir pu lui donner la vie. ❤️❤️

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