Le deuil périnatal, qu’est-ce que c’est ?

Bonjour tout le monde,

Aujourd’hui je viens vous parler d’un sujet très différent de d’habitude. Je viens vous parler du deuil périnatal.

Le deuil périnatal, qu’est-ce que c’est ?

Le deuil périnatal, qui m’était encore inconnu jusqu’à il y a peu, désigne le fait de perdre un enfant en cours de grossesse, pendant ou après l’accouchement. Il concerne 7000 familles par an en France et malgré ce chiffre qui fait froid dans le dos, ce deuil très singulier est méconnu et malheureusement encore tabou dans notre société.

Le décès d’un enfant au cours d’une grossesse peut avoir plusieurs raisons : il peut s’agit d’une interruption volontaire de grossesse ; les parents peuvent décider d’interrompre médicalement la grossesse car leur bébé est malade ; la maman peut faire une fausse couche ; le bébé peut décéder in utero au cours de la grossesse, pendant ou après l’accouchement pour de multiples raisons (problème cardiaque, trisomie 18, mort subite du nourrison etc.) .

Qu’importe la situation, la douleur des parents reste la même et ne dépend pas du moment auquel se produit le décès de l’enfant.

Pourquoi j’en parle aujourd’hui ?

Si je vous parle de ce sujet aujourd’hui ce n’est pas par hasard. Normalement je devrais être en train de rédiger un article pour vous annoncer ma grossesse, vous raconter à quel point je suis heureuse de devenir maman.

Le deuil périnatal, qu'est-ce que c'est ? Comment surmonter la perte d'un enfant ?

Malheureusement la vie a décidé que je ferais partie de ces 7000 personnes qui perdent un enfant en cours de grossesse. En effet, j’ai perdu ma petite fille, Ambre, le mercredi 8 janvier 2020 à 19 semaines et 5 jours de grossesse. (Je reviendrai plus en détails sur mon histoire dans un prochain article).

Lorsque l’on m’a annoncé que mon bébé était malade et serait probablement lourdement handicapé, j’ai eu l’impression que le ciel me tombait sur la tête. Je me suis sentie extrêmement seule, complètement perdue et je ne savais plus ce que je devais faire.

Je sais ce que l’on ressent lorsque sa vie bascule du rêve au cauchemar en une fraction de seconde et à quel point on peut se sentir démuni. C’est la raison pour laquelle j’ai envie de témoigner sur mon blog.

Oser parler de sa souffrance

Trop de parents n’osent pas parler du drame qui les frappe et souffrent en silence. La perte d’un bébé ou d’un enfant est un drame que personne ne devrait avoir à vivre et surtout pas, avoir à le traverser seul. Aucun parent ne devrait avoir à enterrer son enfant.

Perdre un bébé en cours de grossesse ou après l’accouchement déclenche un véritable tsunami d’émotions, souvent contradictoires et déstabilisantes pour le père et la mère : Colère, sentiment d’injustice, culpabilité, doute, tristesse, désespoir etc.

En plus d’être submergés par un chagrin qui semble insurmontable, il est parfois difficile pour les parents de trouver du réconfort auprès de leurs proches. Un tel chagrin peut faire peur à notre entourage qui ne sait alors pas comment réagir.

Le deuil périnatal, un deuil singulier

Le deuil périnatal est singulier car il s’agit de faire le deuil d’un bébé que l’on n’a pas connu en dehors du ventre de la maman ou alors très peu de temps.

Il s’agit aussi de faire le deuil de la vie que l’on avait imaginé avec cet enfant. Accepter que l’on ne le verra jamais sourire ou grandir, que nous ne l’entendrons jamais nous appeler « maman » ou « papa », que l’on ne le tiendra plus jamais dans nos bras etc. Alors que l’on devrait être en train de préparer sa chambre, on se retrouve à organiser les obsèques de notre bébé.

Il s’agit aussi d’un deuil singulier au regard des réactions de notre entourage et de la société. En effet, les parents souffrent d’un manque de reconnaissance de leur statut de parents et de leur deuil par les autres. Alors que tout le monde fait preuve de compassion et de sollicitude envers les personnes endeuillées, il n’en est pas toujours de même lorsqu’il s’agit du deuil périnatal.

Notre entourage et les autres n’ont généralement pas connu notre bébé et minimisent parfois la douleur ressentie. Pour certaines personnes, notre bébé n’a pas d’existence réelle et ils le font ressentir. Mais pour nous, parents ayant aimé ce petit être à la seconde où le test de grossesse s’est révélé positif, notre enfant a bel et bien existé et notre chagrin est très réel.

Ne nous dites jamais que nous ne sommes pas de vrais parents. Nous sommes simplement des parents différents de vous, des paranges, les parents d’un petit ange.

Le deuil périnatal, un sujet tabou et meconnu

Si la mort est un sujet tabou dans notre société, la mort d’un bébé l’est davantage. On refuse souvent d’imaginer qu’un tel drame puisse arriver. Comment imaginer que la mort s’invite alors que l’on est censé donner la vie ?

Et le deuil périnatal étant très méconnu en France, les proches ne savent pas toujours comment faire face au chagrin de ces parents endeuillés ou ne les comprennent tout simplement pas. Même s’ils pensent bien faire, il arrive que certaines personnes soient très maladroites et blessent involontairement les parents.

Prendre la parole pour aider les parents endeuillés et leurs proches

Je souhaite alors prendre la parole aujourd’hui au nom de tous ces parents qui vivent ou ont vécu la même chose que moi afin qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls. Si je souhaite parler c’est aussi pour aider ces proches qui ne savent pas toujours comment réagir et leur donner quelques petits conseils sur les comportements à adopter face à nous, parents qui souffrons de la perte de notre tout petit.

Je vais donc écrire une série d’articles sur le thème du deuil périnatal. J’ignore encore à quelle fréquence sortiront ces articles, je les écrirai en fonction de mes émotions.

Je m’excuse d’avance car, la perte de ma fille étant encore très récente, je vais probablement écrire quand le chagrin sera trop lourd à porter et que j’aurais besoin d’en parler. Les articles risquent donc d’être un peu brouillon – comme celui-ci – mais je tâcherai de faire au mieux.

Écrire pour continuer à faire vivre ma fille

Même si je ne sais pas manier les mots comme un écrivain, je me rend compte que parler de ce que je vis me fais du bien et rend le chagrin un peu plus supportable certains jours.

Je souhaite à mon niveau aider ces parents endeuillés – et probablement moi-même – à surmonter ce terrible drame mais également continuer à faire vivre ma fille au travers de ces articles. ❤️

N’hésitez pas à laisser des commentaires et à venir témoigner de votre propre expérience. Merci à ceux qui me liront. 🙏

4 thoughts on “Le deuil périnatal, qu’est-ce que c’est ?

  1. Coucou, je suis la maman(ge) de Jade qui est née le même jour qu’Ambre.
    Ton article est loin d’être brouillon, il est très complet et empli d’émotions. Je ne comprends malheureusement que trop bien la partie sur la vision du deuil périnatal par autrui puisque ça m’arrive également. Pour certaines personnes « il vaut mieux maintenant que plus tard ». Mais y a t-il un bon moment pour perdre son enfant ?
    Merci d’essayer de faire connaitre ce sujet plus que tabou. Je ne sais pas pour les autres mais moi je n’en avais jamais entendu parler avant d’y être confrontée. Maintenant les langues se délient et j’apprends autour de moi que c’est arrivé à d’autres générations.

    1. Coucou, merci beaucoup pour ton commentaire. Comme toi, je n’avais jamais entendu parler du deuil périnatal avant d’y être confronté. C’est un sujet sur lequel on devrait tous être sensibilisé car il y a de fortes probabilités que quelqu’un de notre entourage y soit confronté au moins une fois dans sa vie. Et cela éviterait de tenir des propos maladroits et blessants comme tu as pu avoir. Personne ne peut imaginer la douleur qu’engendre la perte de son bébé pour les parents à moins d’y avoir été soi-même confronté.

  2. Nous avons échangé brièvement sur un compte instagram.
    Je tiens tout d abord à te féliciter pour cet article et tes mots sur ce sujet qui touchent tant de famille.
    Tu en parles trés bien et je me reconnais dans ce que tu dis.
    Vivre cet évènnement c est vivre un échec vivre un traumatisme indélébile. Et comme tu dis c est encore un sujet tabou et qui mets mal à l aise les autres… Je me suis souvent retrouvé dans cette situation où je réconfortait les gens lorsqu ils apprennaient ce que j avais vécu… Je me suis montrée forte pour eux mais je ne cesse de faire vivre ma fille qu importe les réactions en face de moi… C était mon enfant même elle n a pas une réelle existence pour les autres… Elle a existé à travers moi et elle continuera à exister… Je l espérais tellement cet enfant et j ai tellement fait confiance au corp médical… Il faut aussi s écouter… On m a souvent répété que j étais trop angoissé pendant cette grossesse que j ai lâché du leste… J ai pas été moins vigilante j ai juste donné ma confiance aux sages femmes, infirmières, gynecho… Ils ont pris un risque et j ai perdu mon bébé à 8 mois à cause d une eclampsie…
    On vit cette souffrance en silence parceque on se doit d avancer de continuer et de garder espoir… On ne remplace pas un enfant que l on a perdu JAMAIS… mais on a ce sentiment d échec d avoir donné la mort et non la vie… Et pour ma part je ne veux pas resté sur cette culpabilité discrète… On a beau nous dire que ce n est pas notre faute, ce qui est vrai, mais en tant que maman on se sent toujours un peu responsable… Le deuil prend du temps et je pense que c est bien que tu en parles.

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire et ton témoignage. Comme tu dis, on se sent toujours coupable quoi qu’il arrive. Je sais que j’ai pris la meilleure des décisions pour ma fille mais je me sens très coupable d’avoir dû prendre la décision d’arrêter sa vie. C’est la décision la plus difficile que j’ai eu à prendre dans ma vie et je ne souhaite à personne de devoir faire ce choix.
      Il faut continuer à parler de nos enfants pour qu’ils continuent à vivre et ce, même si cela dérange les autres. 🙏

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