Le bore-out ou l’ennui au travail

Hello ! Aujourd’hui, je viens vous parler d’une situation dans laquelle je me suis retrouvée pendant au moins deux ans : Celle du bore-out ou du syndrome de l’épuisement professionnel par l’ennui.

Crédit photo : Banque d’images Pixabay
Le bore-out est différent du burn-out

Le bore-out est un trouble psychologique engendré par le manque de travail, l’ennui, provoquant l’absence de satisfaction dans le cadre professionnel. Il est donc à distinguer du burn-out qui se déclare dans le cadre d’une surcharge de travail.

Autrement dit, le bore-out se déclare lorsque vous vous ennuyez dans votre emploi soit parce que vous ne trouvez pas d’intérêt dans votre travail ou parce que vous n’avez pas assez de tâches à effectuer.

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Ce fut mon cas pendant à peu près deux ans et ça m’a mis dans une véritable situation de mal-être professionnel. J’ai eu envie de vous en parler car je me dis que certains d’entre vous sont peut-être dans ce cas là.

Le bore-out est encore assez méconnu en France mais selon une étude, environ 30% des salariés en France serait touchés par ce syndrome. Il touche n’importe quel salarié sans distinction de statut et peut donc aussi bien affecter un cadre supérieur qu’un jeune diplômé ou qu’un employé sans qualifications.

Mon métier

Je suis juriste de formation et pendant trois ans, j’ai occupé un poste de juriste dans une grande compagnie d’assurances. Je gérais seule un portefeuille d’environ 1100 dossiers sinistres. Les assurés me saisissaient lorsqu’ils rencontraient un litige avec un tiers afin que je résolve leur problème. Je gérais les dossiers qui étaient au stade de la procédure judiciaire en lien avec des avocats, des huissiers etc.

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Il faut savoir que travailler dans les assurances n’a jamais été mon objectif. J’ai étudié le droit public et notamment le droit de l’environnement car je souhaitais travailler dans la protection de l’environnement ou la protection animale. Je suis sortie de la fac avec plein de belles idées en tête, déterminée à faire bouger les choses. Malheureusement, je n’ai pas réussi à trouver un travail dans ce domaine. Cependant, il faut bien payer le loyer. Du coup, j’ai pris le premier travail que j’ai trouvé en arrivant sur Paris et c’était celui-ci.


Le bore-out

Au départ, je me sentais utile, j’étais ravie d’avoir trouvé ce travail. Ce n’était pas le boulot de mes rêves mais je m’en contentais. Les horaires étaient sympas, le salaire n’était pas ouf pour un poste de juriste Bac+5 mais mieux que mon précédent emploi, je n’avais pas de souci avec mes managers qui étaient très satisfaits du travail que j’effectuais. J’avais également de bons retour des assurés qui était contents de la façon dont je gérais leurs dossiers.

J’ai déchanté au bout d’un an environ lorsque j’ai senti que j’avais fait le tour de mon poste. Les tâches étaient très répétitives, j’avais l’impression de répéter encore et encore la même chose chaque jours à tous les assurés.

Pour imager, je me levais le matin et je me mettais en mode pilote automatique jusqu’à la fin de ma journée. Ma journée était rythmée par les mêmes tâches que j’effectuais chaque jour dans le même ordre (traiter mes mails de la veille, traiter les nouveaux dossiers que l’on me confiait, régler les factures des intervenants, traiter les mails arrivés dans la journée, répondre au téléphone etc.). Je ne réfléchissais même plus, je faisais tout de manière automatique. J’avais l’impression d’être devenue une spectatrice de ma vie plutôt que de la vivre.

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J’ai également commencé à avoir beaucoup de mal avec le contact client. Quand on travaille au contact avec le public toute la journée, on se rend compte à quel point certaines personnes peuvent être désagréables, impolies et grossières. Ce n’était pas la majorité de mes clients heureusement mais malheureusement, on se souvient plus facilement des clients difficiles que des clients gentils.

Mon mal-être au travail n’est pas survenu car je manquais de travail (avec 1100 dossiers à gérer, j’avais de quoi m’occuper toute la journée et bien plus encore) mais parce que j’avais l’impression d’occuper un poste qui ne correspondait pas à mes compétences. En clair, je m’ennuyais, je n’avais pas l’impression d’être stimulée et je n’apprenais plus rien depuis des mois.

La manifestation du bore-out

J’ai commencé par ne plus supporter de répondre au téléphone. Dès que mon téléphone sonnait, je me crispais car je savais que potentiellement ça allait être un appel où on allait mal me parler, me crier dessus voire m’insulter. Je passais ma journée à râler dès que je recevais une demande d’un assuré. Et comme mes collègues étaient dans la même situation que moi, on s’entraînait mutuellement à râler.

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Je me laissais distraire par tout et n’importe quoi, je ne me sentais plus du tout concernée par ce que je faisais, je n’avais plus l’impression d’être challengée, j’étais totalement démotivée.

Me lever le matin pour aller travailler était devenu un véritable challenge. Dès le dimanche soir, j’avais une boule au ventre à l’idée d’y retourner, de reprendre le téléphone ou d’ouvrir ces mails qui ne cessait d’affluer. Chaque lundi matin, j’attendais le vendredi soir avec impatience. J’avais l’impression de ne vivre que pour les week-ends ou les vacances. Et encore, je ne pouvais jamais partir tranquille car le week-end ou pendant mes vacances, je pensais à ces appels et mails auxquels je devrais répondre en rentrant. Bref, je n’avais jamais vraiment l’impression de déconnecter.

J’étais agacée par la moindre petite chose, j’étais constamment tendue, j’avais des migraines, envie de pleurer pour un oui ou pour un non. Je rentrais le soir en étant furax car je ne supportais plus ce boulot. Cela avait des répercussions dans ma sphère privée car je m’énervais sur mon conjoint quand je rentrais, sans raison car j’avais besoin de me défouler sur quelqu’un, à défaut de pouvoir le faire sur mes assurés. Je me sentais frustrée également dans ma vie privée car je voyais mes amis exercer un job qu’ils aimaient se marier, avoir des enfants et moi, j’avais l’impression de stagner, de perdre mon temps avec ce travail que je détestais.

Le manque de stimulation au quotidien me faisait perdre ma confiance en moi. J’avais l’impression de ne plus être capable de réfléchir par moi-même et je doutais de ma capacité à occuper un nouveau poste.

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Le fait de ne pas réussir à trouver un travail dans le domaine de l’environnement n’a fait qu’empirer mon état. J’étais tellement frustrée d’être « coincée » dans ce boulot qui n’était que purement alimentaire ! Cela n’a fait qu’accroître mon mal-être. Aller au travail était devenue une véritable souffrance. La seule chose qui me réconfortait c’était l’ambiance qui régnait au sein de mon service. Je m’entendais très bien avec certains de mes collègues, c’est ce qui me motivait un peu à sortir du lit le matin.

Accepter la situation ou sortir de ma zone de confort

Cette situation de mal-être a duré environ deux ans. J’avais des périodes de résignation, parfois je me disais que ce job n’était pas si mal au regard du salaire et des horaires. Je maîtrisais parfaitement mon boulot, j’avais des collègues avec qui je m’entendais très bien. Je me disais qu’il fallait peut-être que je me contente de ça et que je trouve mon épanouissement ailleurs, dans ma vie privée. Je me disais qu’après tout les conditions de travail étaient confortables, que je pouvais probablement faire avec. Mais ces périodes étaient de courtes durées et très vite, je retombais dans cet état d’énervement permanent.

Pour tenter de me sentir mieux, j’ai commencé à pratiquer le yoga et la méditation. Cela m’a aidé à relativiser et à prendre du recul. J’ai notamment fait le challenge « 30 days of yoga avec Adriene » dont je vous ai parlé ici et j’ai senti une différence. Quand je rentrais le soir furieuse, je m’isolais, prenais mon tapis de yoga et faisais ma séance. Je me sentais mieux après, plus détendue. Enfin, jusqu’au lendemain matin où je devais retourner travailler…

Finalement, je me suis dit que cette situation ne pouvait plus durer, il fallait que je fasse quelque chose. Soit j’acceptais la situation une bonne fois pour toute et j’arrêtais de râler, soit je me bougeais les fesses et je prenais le risque de sortir de ma zone de confort pour trouver un travail qui me conviendrait mieux. Honnêtement, je ne me voyais pas continuer ce travail pendant des années alors c’est ce que j’ai fait. J’ai commencé à regarder les annonces mais je ne trouvais rien qui me plaisait en tant que juriste.

Oser une reconversion

Dans une société où le taux de chômage est important, il peut être difficile d’assumer le fait que l’on s’ennuie au travail. Pendant longtemps, je me suis dit qu’il fallait que j’arrête de râler car j’avais au moins la chance d’avoir un emploi. Et c’est vrai, j’avais cette chance là et j’en étais reconnaissante. Cependant, cela ne signifiait pas que je n’avais pas le droit d’être malheureuse au travail et d’envisager de faire autre chose. Mais il était hors de question de quitter mon emploi sans avoir trouvé un autre contrat.

Cela faisait quelques mois que je pensais à me reconvertir mais je ne savais pas exactement dans quoi. Je savais juste que, quitte à changer de travail, autant faire les choses en grand et changer complètement de voie. Je voulais essayer de trouver un emploi en accord avec mes convictions. Eh c’est ce que j’ai fait !

J’ai trouvé une annonce un peu « par hasard » au détour d’une page Instagram, j’ai postulé et cela a fonctionné. J’ai démissionné de mon poste de juriste fin janvier et je commence mon nouveau travail dans 15 jours ! Je vous dévoilerai prochainement dans quelle aventure je me lance mais ce ne sera pas un poste de juriste.

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J’ai décidé qu’il fallait que je change de voie tant que je pouvais me le permettre. Je n’ai pas encore d’enfant, mon conjoint à un emploi sûr, c’était donc le moment ou jamais de le faire. Je suis ravie d’avoir pris ce risque et je suis très excitée à l’idée de commencer ce nouveau travail ! je me sens beaucoup plus détendue aujourd’hui, plus légère et j’ai l’impression d’avoir un poids de moins sur mes épaules.

Mes conseils pour sortir de cette situation

Si comme moi, vous souffrez de bore-out, je vous conseille d’essayer de comprendre les raisons de ce mal-être. Est-ce parce que vous travaillez dans un domaine qui ne vous plait pas ? Les tâches que l’on vous confie sont-elles à la hauteur de vos compétences ? Comment pourriez-vous vous sentir mieux ? Dans quel domaine souhaiteriez-vous travailler ?

Vous pouvez essayer d’en parler avec votre manager pour évoluer dans votre entreprise ou dans une autre structure ou demander à ce que l’on vos confie plus de responsabilités. Pour ma part, cela n’aurait pas suffit car je souhaitais vraiment me diriger vers un autre secteur d’activités.

Si votre bore-out est lié au fait que vous n’aimez pas votre travail, envisagez de démissionner ou de demander une rupture conventionnelle. Je suis bien consciente que cela n’est pas possible pour tout le monde, notamment si vous rencontrez des difficultés financières, si vous avez des prêts bancaires, des enfants etc. J’ai pu me reconvertir car ma situation me le permettait mais j’ai conscience que ce n’est pas le cas de tout le monde.

Dans tous les cas, essayez de réfléchir à la question et de trouver une solution pour sortir de ce mal-être qui est très dommageable pour votre santé physique et mentale. En effet, selon une étude anglaise intitulée « Bored to death » les risques d’accidents cardiovasculaires sont deux à trois fois plus élevés chez les personnes victimes d’ennui au travail.

Sortir de sa zone de confort n’est pas une chose facile, cela est effrayant, je vous l’accorde mais parfois c’est la seule solution pour retrouver la paix intérieure et se sentir mieux dans sa vie.

La vie est courte, il ne faut pas se la gâcher et il n’est jamais trop tard pour envisager une reconversion ! N’hésitez pas à laisser des commentaires si vous aussi vous êtes ou avez été dans cette situation. =)

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